Agents anti-inflammatoires

Statines :— Ces médicaments sont employés à l'heure actuelle pour
abaisser le taux de cholestérol, mais les essais montrent qu'ils peuvent
aussi réduire l'inflammation. Selon des études préliminaires, les statines
peuvent aussi ralentir le passage des cellules inflammatoires dans le
cerveau. Jusqu'à maintenant, une étude a montré, grâce à l'IRM, que
les statines pouvaient réduire le nombre de lésions inflammatoires
cérébrales. D'autres études sont en cours dans ce domaine.

Minocycline: — Cet antibiotique, généralement employé dans le
traitement de l'acné, pourrait aussi empêcher les cellules inflammatoires
de pénétrer dans le cerveau et prévenir la détérioration des
cellules nerveuses. Une étude de faible envergure a montré que la
minocycline pouvait réduire les lésions cérébrales de SP. Une étude
plus vaste est en cours dans quatre centres de recherche du Canada.

Laquinomod
:— Ce nouveau médicament a permis de réduire
l'inflammation et de réguler la réponse immunitaire lors d'études
sur des animaux. Il fait maintenant l'objet d'essais chez l'humain.
Tériflunomide — Ce nouvel anti-inflammatoire oral s'est montré
capable d'abaisser le niveau de développement des lésions inflammatoires
dans le cerveau ainsi que la fréquence des poussées de SP.
Il s'apparente à un autre médicament oral (Arava) homologué pour
le traitement de la polyarthrite rhumatoïde.


Fingolimod (FTY720) dans la sclérose en plaques
Auteur : Pierre Allain Date : 25-9-2006

Le fingolimod ou FTY720 est métabolisé dans l'organisme en fingolimod phosphorylé qui est un modulateur des récepteurs de la sphingosine-1-phosphate, ou S1P, médiateur endogène. Le fingolimod est un puissant agoniste de ces récepteurs mais, en utilisation permanente, pourrait se comporter comme un antagoniste. Il provoque une lymphopénie en inhibant la sortie des lymphocytes à partir du thymus et des ganglions lymphatiques. Il empêcherait la pénétration des lymphocytes au niveau du système nerveux central, où ils participent aux réactions immunologiques conduisant à la destruction de myéline. Il a également un effet immunosuppresseur.
# Posté le vendredi 15 février 2008 04:14
Modifié le mercredi 11 juin 2008 04:04

Jour après jour:

16 juin 2006

J'ai décidé d'arrêter le rilutek car mon état ne c'est pas amélioré . Pour ma part il n' a pas prouvé son éfficacité dans l'ALD.
En septembre sera proposé ,un régime , la lovastatine ainsi qu'une autre molécule dont je ne connais pas encore le nom peut être le rolipram, pour abaisser les AGTLC et la dernière molécule protègerait peut être la myéline.

En attendant je me suis fait prescrire de la simvastatine (cousine de la lovastatine) ,histoire de prendre de l'avance sur le futur régime.

13 Aout 2006

Cela fait 15 jours que je prends la simvastatine à 20 mg par jour, j'ai un peu de mal à le supporté (matin nauséeux et fatigue ) , j'espère passer à 40 mg rapidement .
Cependant j'ai beaucoup moins de spasmes la nuit et un peu moins de spasticité également.

Aujourd'hui j'ai testé mon fauteuil au cinéma et au bord de la côte . Cela me fait un effet bizare surement à cause de la vue + basse par rapport à la position debout.

Mon moral est moyen , mon sommeil mauvais , mais bon il faut bien composer avec .
Il m'arrive souvent de penser à la forme cérébrale de la maladie et j'espère qu'elle m'épargnera... Cette maladie m'a déjà tellement pris ...

1er Novembre

J'ai changé la simvastatine contre le zoccor car je ne supportai plus la simvastatine . Bien qu'ils s'agissent de la même molécule étrangement je tolère mieux le zoccor .

Nous n'avons toujours pas eu la conclusion sur le rilutek ça commence vraiment à faire long .
De plus aucune date n'a été fixée pour suivre un régime et ou l'essaie d'autres molécules ,tout cela m'éxaspère...

8 Décembre 2006:

Mon état général est aussi bon qu'en 2005 et l'irm est normal , de plus je suis maintenant sous ebixa que je supporte plutôt bien.

26 Décembre 2006:

Toujours sous ebixa à 10mg/jour et je m'endors beaucoup plus facilement de plus les spasmes la nuit ont quasiment disparu , en journée je suis un peu fatigué mais cela reste supportable . J'ai commencé parallèlement un régime pauvre en graisse saturé , c'est un peu difficile de changer ça façon de manger mais c'est juste une habitude à prendre .


21 Février 2007:
Depuis décembre je prends l'ébixa (20mg/jour)et je dois dire qu'il a un effet euphorisant sur moi .
En effet je ne sens presque plus la fatigue , plus de stress au quotidien ,une acquisition dans l'apprentissage assez déconcertante et surtout un moral bien meilleur ...
Je vais commencer cette semaine l'essaie du tahor , il pourrait jouer un rôle neuroprotecteur en plus de faire baisser les AGTLC .

1 Mars 2007:

Et si on guérissait , et si on pouvait enfin remarcher comme avant ? C'est mon rêve depuis 11 ans..

11 Avril 2007:

"Lorsque vous revenez de l'enfer ; vous vous sentez invincible..."

29 Avril 2007:

Sous tahor depuis février mes nuits sont mauvaises( spames ) lorsque je suis à 30 mg/jour de plus en journée je ressens une faiblesse musculaire et des difficultés de concentration. C'est pourquoi je prends le tahor en une prise le soir 20mg . Depuis j'ai retrouvé un sommeil et une concentration en journée presque normal...

20 juin 2007

Décidément même à 20 mg ou 10 mg le tahor m'empêche de bien dormir , c' est pourquoi j'ai arrêté de prendre les statines pour le moment ... Car sinon je reste encore plus fatigué . Et depuis il y a du mieux , en effet je suis moins spastique et moins fatigué et je le ressens chaque semaine qui passe ... :-))

3 Aout 2007

Les potentiels du 6 juillet montrent une amélioration significative ... Certains potentiels sont redevenus normaux .

C'est la première fois qu'il y a une amélioration en onze ans , il faut savoir dans cette maladie il n'y a jamais d'amélioration...
Donc l'Ebixa a réussi à renverser la maladie .

Ma marche est de plus en plus fluide mais reste assez lente , j'ai toujours besoin de béquilles dans mes déplacements . Peu à peu mes sensations et ma force motrice reviennent , je ne sais pas ou ira cette amélioration mais je suis très optimiste ...

31 août 2007

Content que cela te motive Pascal!


14 Septembre 2007

Je ressens toujours une amélioration même si elle reste modérée .

J'ai repris le tahor mais à faible dose (5mg/soir) car je tolère mal la molécule (fatigue , concentration , déprime) et pourtant le tahor me rend encore moins spastique ...

Je parviens à faire 3 à 4 pas sans béquilles c'est pour vous dire qu'il y a une réelle amélioration.

Bref! Vous l'aurez compris je vais de mieux en mieux!!



14 Décembre 2007

Après de longs tatonnements à la prise de Tahor je suis enfin parvenu à trouver le bon "dosage " et ainsi mieux tolérer la molécule.

Je me sens mieux et moins fatigué , les jambes sont moins spastiques avec de meilleures sensations , on est encore loin d'une marche normale mais c'est encourageant.

Bonnes fêtes de fin d'année à tous!


22 Janvier 2008

Bonjour et surtout bonne année!!!

Je reviens de Paris avec des potentiels légèrement meilleurs , mais cela n'est pas une surprise car je sentais une amélioration avant ce séjour.

Le traitement fait donc son effet , et je suis parvenu à atteindre la dose des 30 mg / jour du Tahor après un long tatonnement.

On m'a fait une biopsie de la peau pour prédire un pronostic dans la maladie et peut être voir comment agit le traitement.

4 Avril 2008

Toujours assez fatigué à cause du Tahor (25mg/ jour) , l'amélioration reste présente.
La route sera longue mais elle sera surement de plus en plus belle...

Si vous voulez déposez des commentaires , n'hésitez surtout pas...

25 Avril 2008

Je ne sents presque plus "la sensation de brulure " dans les jambes et il y a aussi moins de raideurs .
J'attends avec impatience les prochains potentiels.

10 Juin 2008

C'est avec une grande tristesse que nous annonçons que Loreno Odone a perdu la bataille avec adrenoleukodsytrophie et est décédé le 30 Mai 2008 dans son sommeil à son domicile, Fairfax, VA avec son père Augusto Odone et Oumouri Hassane ami à ses côtés.


# Posté le lundi 17 décembre 2007 07:00
Modifié le mardi 10 juin 2008 04:57

C'est énorme! Pour la première fois dans l'ald deux enfants ont pu être traités par thérapie génique.

C'est énorme! Pour la première fois dans l'ald  deux enfants ont pu être traités par thérapie génique.
Thérapie génique : une grande première
qui renforce l'espoir des parents de l'association ELA

Annoncée au Congrès Européen de Thérapie Génique à Rotterdam le 28 octobre 2007, cette avancée médicale et scientifique majeure, réalisée par le Dr Nathalie Cartier-Lacave et le Pr Patrick Aubourg, responsable de l'unité de Neurologie Pédiatrique et directeur de l'unité Inserm U 745 à l'hôpital Saint Vincent de Paul ( Paris), est une première mondiale.




La Thérapie Génique de l'Adrénoleucodystrophie : c'est la première fois

Cette thérapie génique est tentée pour la première fois dans l'adrénoleucodystrophie, (ALD), une maladie génétique liée au chromosome X. L'ALD se traduit par la destruction de la myéline (enveloppe des nerfs) du cerveau et de la moelle épinière. Toutes les fonctions vitales peuvent être affectées.
L'ALD est la forme de leucodystrophie la plus courante. Elle touche près de 30 % des cas recensés par l'association ELA - soit environ 35 nouveaux cas par an en France - et est à l'origine de la création de l'association.

Ces maladies sont sorties de l'ombre grâce à l'action d'ELA. C'est lors d'une rencontre entre un parent, Guy Alba, et Patrick Aubourg, médecin spécialiste des leucodystrophies en France et dans le monde, que le combat contre ces maladies a commencé en 1992. L'association ELA contribue au financement de ses travaux depuis sa création.

Jusqu'à présent, le traitement de l'ALD reposait sur la greffe de moelle osseuse. Une approche limitée par la rareté des donneurs et le risque de rejet. Ici, le Pr Aubourg et le Dr Nathalie Cartier, qui travaillent depuis 1993 sur cet essai, ont choisi la voie de l'auto-greffe de moelle, en " corrigeant " les cellules de moelle osseuse avant de les réinjecter.


Un vecteur " médicament " dérivé du virus du sida utilisé pour introduire le bon gène dans les cellules de moelle osseuse : une première mondiale

Autre nouveauté : pour transférer durablement le gène médicament dans les cellules, ils ont utilisé un vecteur médicament peu commun, dérivé du virus du sida. En effet, le Vih est le seul virus capable de faire pénétrer un gène thérapeutique dans le noyau des cellules qui ne se divisent pas, comme les cellules souches et les neurones, afin de permettre un effet à long terme du gène thérapeutique.

C'est une société de biothechnologie californienne qui a produit un lentivirus inactivé porteur du gène manquant ALD.

Dans un premier temps, il a fallu isoler dans le sang de deux enfants des cellules souches de moelle osseuse. Ces cellules ont été mises en contact avec le virus inactivé dans le laboratoire du Pr. Marina Cavazzana-Calvo à l'hôpital Necker. Après le feu vert des tests sécuritaires, les cellules ont été réinjectées dans le sang dans le service du Pr. Alain Fischer à l'hôpital Necker.


L'importance de ces premiers résultats pour l'ALD et les autres maladies génétiques et maladies acquises non génétiques.
" Les résultats préliminaires à 6 mois et un an de recul sont encourageants car la protéine déficiente s'exprime dans un pourcentage important des cellules du sang et pendant longtemps ", précisent les médecins. " Mais il faut rester prudent, notamment savoir si l'effet sera durable et suffisant et si il n'y aura pas de complications dues à l'utilisation de ce vecteur médicament ".

" S'ils sont confirmés, ils pourraient ouvrir d'autres voies face à des maladies génétiques comme la drépanocytose, la thalassémie ou encore le cancer notamment", conclut le Pr. Aubourg.

Enfin la démonstration est faite que l'on peut utiliser le VIH (lentivirus) pour transférer un gène thérapeutique dans les cellules. Cela ouvre des possibilités pour de très nombreuses maladies génétiques et pour toutes les familles de l'association ELA pour lesquelles il était impossible d'envisager une Thérapie Génique avec les virus (rétrovirus) traditionnellement utilisés, comme par exemple dans le cas des " enfants bulles ".

Ces essais nécessitent de nouveaux fonds beaucoup plus importants et ELA se doit d'y contribuer largement. Les besoins immédiats représentent 600 à 700 000 euros pour les deux prochains essais. D'ici deux années, trois autres patients devraient être traités. Cette auto-greffe de moelle osseuse pourrait être proposée d'ici cinq années à tous les patients ALD-AMN candidats. Avec à terme la possibilité de dépister l'ALD systématiquement à la naissance.


Définition :Lentivirus

Non d'un genre de virus à A.R.N. appartenant à la famille des rétrovirus (Retroviridoe).

Les lentivirus sont responsables de maladies d'évolution lente qui touchent le système nerveux central (encéphalites) et le système immunitaire et qui sont non néoplasiques (non cancèreuses), à la différence des maladies provoquées par les oncovirus, autres rétrovirus.

Chez l'homme, on a identifié actuellement deux lentivirus : le VIH1 et le VIH2, responsable du sida.



Merci pour tes encouragements Nathalie!
# Posté le mercredi 31 octobre 2007 03:59
Modifié le mardi 06 novembre 2007 17:09

Les statines un nouveau traitement pour les lésions du cordon médullaire :

Les statines un nouveau traitement pour les lésions du cordon médullaire :


Une recherche suggère un nouveau traitement pour les lésions du cordon médullaire
21-03-2007


CHARLESTON, S.C. -- Une recherche multidisciplinaire menée par le Dr Inderjit Singh, Medical University of South Carolina, a découvert un nouveau traitement pour les lésions du cordon médullaire. La recherche a étudié l'efficacité de l'atorvastatine (AT) (c.-à-d. Lipitor®) comme traitement pour les lésions du cordon médullaire après le trauma. L'étude, qui va être publiée dans l'édition d'avril du Journal of Neurochemistry, démontre qu'en employant AT pour traiter des lésions du cordon médullaire après qu'elles se soient produites, les modèles animaux avec une paralysie des membres arrières ont montré un rétablissement fonctionnel significatif et moins de dommages tissulaires secondaires. Les scientifiques ont découvert que cela protège aussi les cellules responsables de la production de myéline, qui isole les fibres nerveuses, dans le cordon. Cette découverte du traitement par AT de lésions médullaires post-trauma pourrait s'avérer efficace en préservant la fonction neurologique et le mouvement suite à des lésions du cordon médullaire.

Singh est un professeur d'université distingué, directeur de la Division of Developmental Neurogenetics et directeur scientifique du Darby Children's Research Institute.

Les lésions du cordon médullaire sont une cause importante d'invalidité, et la thérapie courante avec des stéroïdes à haute dose offre peu d'avantages. On admet maintenant que l'emplacement, la nature, et la durée des inflammations secondaires se produisant juste après les lésions médullaire déterminent l'ampleur de la perte ou de la paralysie fonctionnelle, et la réduction précoce de ces événements réduit au minimum la perte fonctionnelle et augmente le rétablissement. En conséquence, les agents anti-inflammatoires et neuroprotecteurs, y compris les statines, sont la première ligne de défense privilégiée en tant qu'agents thérapeutiques dans des lésions du cordon médullaire.

"Ces résultats très intéressants suggèrent que AT protège les cellules produisant de la myéline et les neurones pendant la crise inflammatoire causée par le trauma, et que quand la crise est passée ces cellules reprennent la production de myéline", a dit le Dr Bernard Maria directeur exécutif de DCRI. "Cela ouvre un nouveau paradigme pour le traitement des lésions du cordon médullaire en préservant l'intégrité des cellules progénitrices qui autrement seraient mortes."

Le traitement avec AT empêche également la perte neuronale par apoptose, qui est un problème critique dans les lésions médullaires, car les traitements neuroprotecteurs après les lésions ont le potentiel de réaliser l'amélioration du rétablissement fonctionnel, sachant que seulement quelques axones résiduels (5%-10%) sont nécessaires pour permettre un rétablissement fonctionnel significatif.

Soulignant le potentiel thérapeutique post-trauma du traitement avec AT dans les lésions du cordon médullaire, cette recherche renforce également l'idée d'avantages à long terme qui incluent la réduction de la pathologie secondaire par la suppression de l'inflammation, de la dégénérescence wallérienne, de la cicatrice gliale, et de la plupart de l'apoptose neuronale.
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# Posté le mercredi 24 octobre 2007 07:26
Modifié le mercredi 27 février 2008 04:11

La thérapie génique dans les starting-blocks(janvier 2006)

Adrénoleucodystrophie
La thérapie génique dans les starting-blocks

L'essai de thérapie génique dans l'adrénoleucodystrophie, mené par Patrick Aubourg, vient de débuter. Ce travail est une première pour cette maladie rare, mais aussi pour la thérapie génique en général, car le vecteur utilisé est le virus HIV.

Après des mois de préparation, l'essai de thérapie génique dans l'adrénoleucodystrophie (ALD) liée à l'X, mené par Patrick Aubourg de l'hôpital Saint-Vincent de Paul et directeur de l'unité Inserm “Génétique et biothérapies des maladies dégénératives et prolifératives du système nerveux” (1) vient tout juste de débuter. L'objectif de ce travail (2) est d'apporter au malade, le gène “normal” codant la protéine ALD qui lui fait défaut. Cet essai est non seulement une première pour cette maladie, mais aussi pour la thérapie génique en général. En effet, pour la première fois au monde, le rétrovirus HIV, dépourvu bien sûr de ses éléments pathogènes, va être utilisé pour transporter un gène chez des personnes non touchées par le Sida. D'où la complexité de l'essai.

En pratique, celui-ci commencera par le recrutement des enfants, cinq au total. « En plus du diagnostic avéré de l'ALD avec atteinte cérébrale, ces enfants ne doivent pas être à un stade trop avancé de la maladie et, surtout, ne pas pouvoir bénéficier d'une greffe de moelle osseuse faute de donneur compatible, explique Nathalie Cartier- Lacave, collaboratrice de Patrick Aubourg. En effet, si les risques associés à la greffe restent importants, à ce jour, c'est le seul traitement qui permet de stopper, voire même de faire régresser l'évolution de la maladie. Cet essai sera donc proposé aux enfants enfants n'ayant pas d'autres alternatives. »

Le malade va ensuite passer 3 à 4 semaines à l'hôpital Saint-Vincent de Paul. Outre un bilan classique de pré-greffe, les médecins lui injecteront des facteurs de croissance pour favoriser la sortie des cellules souches de la moelle osseuse dans le sang. Celles-ci seront prélevées et triées. « En fait, dans un premier temps, on obtient des globules blancs que nous purifions ensuite pour ne garder essentiellement que les cellules souches, les CD34+, précise Nathalie Cartier Lacave. Au final, nous devons obtenir 150 à 200 millions de cellules souches. » Une partie sera conservée (prélèvement de sécurité) à l'hôpital au cas où un problème au cours de l'essai nécessiterait de les réimplanter au malade. Le reste des cellules ira au laboratoire de thérapie cellulaire et génique de l'hôpital Necker – Enfants malades. Elles y seront mises en contact pendant 12 heures avec les rétrovirus HIV contenant le gène ALD normal, puis congelées. « Environ 1 % sera envoyé à Généthon, avec lequel nous avons un contrat, afin que l'équipe de Muriel Audit vérifie qu'il n'y a pas de rétrovirus HIV sauvage recombinant, même partiellement, parmi les cellules modifiées, explique le médecin chercheur. De notre côté, nous allons également en garder une partie dans notre laboratoire pour, entre autres tests, évaluer le pourcentage de cellules contenant le nouveau gène et vérifier que celui-ci s'exprime correctement. » Au bout d'un mois, sous réserve que Généthon donne son feu vert, la deuxième phase de l'essai pourra débuter.

L'enfant sera hospitalisé, cette fois dans le service d'Alain Fischer à l'hôpital Necker qui dispose d'une chambre stérile à flux laminaire, c'est-à-dire une chambre protégée des microbes et dont rien ne sort. La totalité de la moelle osseuse du petit malade sera détruite, puis les cellules souches modifiées lui seront injectées. Au bout de 10 jours à 3 semaines, le sang de l'enfant devrait contenir à nouveau des globules rouges et blancs, et des plaquettes. « A ce moment-là, nous vérifierons que ces cellules expriment bien la protéine ALD manquante, relate Nathalie Cartier Lacave qui relativise aussi. Ce sera une première information, mais il faudra attendre encore au moins un an pour évaluer le bénéfice éventuel de la thérapie génique sur l'évolution de la maladie. » Comme souvent donc, la patience est de mise.

(1) Inserm U745
(2) L'essai est soutenu par l'Inserm qui en est le promoteur, l'AP-HP, l'AFM, la Commission européenne, les fondations ELA, EDF et Avenir, et l'association américaine Stop-ALD.



Rencontre
Nathalie Cartier Lacave, médecin à l'hôpital Saint-Vincent de Paul et chercheuse à l'Inserm

VLM : L'essai est autorisé par l'Afssaps depuis janvier 2006, mais ne démarre que maintenant. Pourquoi tant de temps ?

Nathalie Cartier Lacave : Cela vient de l'évolution de la maladie. Entre les premiers symptômes de la forme cérébrale de l'ALD et une atteinte trop importante des neurones, il se passe très peu de temps. Or, comme avec la greffe de moelle osseuse classique, après la thérapie génique, l'état de l'enfant va continuer à se dégrader pendant 12 à 18 mois. La fenêtre thérapeutique est donc très étroite et nous avons du mal à trouver des patients qui correspondent aux critères.


VLM : En plus du bénéfice pour les enfants, qu'attendez-vous de cet essai ?

N.C.L. : Nous espérons traiter les adultes pour qui la greffe de moelle osseuse d'un donneur compatible est trop dangereuse. Par ailleurs, si les cellules modifiées prennent le dessus sur les autres alors qu'elles n'ont, a priori, pas d'avantage sélectif, on peut espérer soigner par cette voie d'autres maladies génétiques [comme la drépanocytose, la bêta-thalassémie et de multiples immunodéficiences,ndlr.]

VLM : Selon vous, la thérapie génique a-t-elle un réel avenir ?

N.C.L. : Bien sûr. La preuve de principe a été faite avec les bébés bulles. Maintenant, il reste beaucoup de travail, comme, par exemple, à l'époque des premières greffes d'organes qui ont aussi connu des échecs, mais qui ne sont plus remises en cause aujourd'hui.
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# Posté le lundi 09 juillet 2007 08:09
Modifié le mercredi 21 novembre 2007 09:25